L’ordre sans le pouvoir

Publié le 8 novembre chez Fondapol, cette courte note disponible en ligne décrit avec humour les moyens concrets d’aborder la transition numérique dans les grandes organisations. Ces principes sont devenus une réalité au sein du Secrétariat Général à la Modernisation de l’Action Publique, avec les startups d’état.

Extrait :

Nous avons la possibilité de développer grâce à la confiance une puissante industrie de la débureaucratisation. Elle ne nécessite qu’une très faible intensité capitalistique, et peut être enclenchée partout où l’on trouve des clients ou des usagers insatisfaits, avec un impact potentiel énorme sur notre croissance puisqu’elle agit sur la productivité dans les services, le coeur de notre PIB. 

Pour ce faire, mettons enfin l’informatique au service des innovations sociales dans nos organisations en permettant l’émergence d’initiatives réellement innovantes et créatrices de valeur hors des règles de la technostructure, dans une démarche progressive basée sur le volontariat.

Passons aux actes !

Vous êtes un Dirigeant ?

  • Allouez dans votre entreprise ou votre administration une enveloppe budgétaire dédiée à l’innovation hors de toutes contraintes (règles tacites, règles explicites, ..), le contrôle étant réalisé a posteriori
  • Créez pour ce faire un Incubateur Interne, structure placée sous votre autorité, et incluant des représentants des salariés et des usagers. Cette structure fédère des micro-incubateurs dans chaque division de l’entreprise.
  • Animez ces structures sans surcoût, en recrutant simplement dans chaque division des volontaires, opérationnels et dirigeants, qui en acceptent la charge.
  • En fait, à ce stade, n’en créez qu’une seule, mais rapidement. Priviliégiez l’atteinte de résultats modestes, mais rapides, puis itérez. Choisir une direction très décriée par ses clients internes ou externes (informatique, RH, call center ..) est souvent judicieux, puisque le pire y est déjà acquis.
  • Les micro-incubateurs permettent à tous sans autorisation l’investissement de quelques jours hommes et de quelques centaines d’euros dans leur zone : de la petite amélioration concrète au prototype plus ambitieux. Cela signifie en particulier qu’ils diffusent une telle culture auprès du management et garantissent l’elasticité règlementaire requise au sein de leur territoire.
  • Les micro-incubateurs décident ensuite de financer les seconds tours de leurs initiatives (par exemple pour passer du prototype au pilote opérationnel auprès des usagers) avec leur budget innovation dédié.
  • Toute dépense n’aboutissant pas à un produit utilisé dans les 12 mois – c’est à dire résolvant un problème pour des gens –  sera stoppée par l’Incubateur Interne.
  • Toute dépense aboutissant à un produit attirant des usagers, c’est à dire contribuant à « l’enchantement client », sera valorisée par l’Incubateur Interne en vue d’être généralisée là où elle est pertinente.

 

Vous êtes un Acteur du terrain ?

  • Avant de réclamer un changement chez les autres, effectuez, si ce n’est déjà fait, un premier changement sur vous même : cessez de rêver au grand soir en désignant la structure comme irréformable et responsable de tous les maux.
  • Observez vos usagers et/ou vos pairs et choisissez un irritant qui se reproduit régulièrement (attente, erreurs, surcoûts, gaspillages ..) dans votre zone d’activité.
  • Imaginez ce que vous pourriez faire pour combler ce problème si vous disposiez d’une demi-journée par semaine et du droit d’agir. Pour vous aider, souvenez vous que des outils numériques gratuits, ou au pire bon marché, existent pour partager des documents, des données, vendre ou louer des objets, des services, lever des fonds, publier un site web, réaliser un sondage … Si vous n’en êtes pas convaincu, commencez par une formation au numérique qui élargira votre horizon.
  • Demandez la permission d’agir, mais au fond, agissez comme si vous aviez cette légitimité. Au mieux, on vous félicitera, au pire, vous serez critiqué, mais avec un tel fait d’arme à votre crédit, votre employabilité est assurée…


Le système est bloqué. Pour débloquer les situations bloquées, il y a une solution : le rire. Il est maintenant clair que si l’on veut que les salariés soient productifs, ils doivent être heureux. Et le bonheur passe par l’humour, la joie, l’accomplissement de soi, l’autonomie, le plaisir de faire plaisir.

Publicités
commentaires
  1. J’adore ! L’anarchie douce, c’est tout ce qu’il nous faut.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s