La frontière

Publié: 27 janvier 2006 dans DSI
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Il existe deux natures très différentes de projets dans le SI : ceux qui tendent à rationaliser et/ou à innover marginalement sur l’existant, et ceux qui expérimentent de nouveaux concepts métier, comme récemment le canal Internet ou la Gestion de la Relation Client. Les projets dans ces deux zones sont tirés par des enjeux bien différents : complexité, planification, respect de structures fortes dans le premier, et rapidité, gestion de l’incertain, pilotage par les délais dans le second.
Bien que tentative courante, adresser simultanément les enjeux de l’innovation et ceux de la rationalisation est impossible dans la réalité. Pourquoi ne pas organiser des univers pour chacun, et instaurer un flux permanent entre les deux ?

Réaliser des gains de productivité dans les zones de rationalisation impose de réduire la taille du SI : moins de code, donc moins de maintenance et moins de charge d’exploitation. Or un bloc de SI est souvent constitué d’une ou deux grosses applications historiques entourées de satellites spécialisés, reproduisant une partie de l’information présente dans les cœurs. Lorsque l’on dépouille un satellite de ces données et de ces interfaces pour le fusionner dans un cœur, il se produit un phénomène d’intégration marginale : 10 + 1 = 10,1 en termes de coûts et toujours 11 en valeur produite.

Réussir une fusion nécessite cependant deux conditions : la stabilité d’un architecte opérationnel ou d’une génération d’architectes, et la stabilité des fondations de l’application nova. L’attraction de la nova est en effet directement liée à la confiance que peut inspirer son concepteur. Quant aux fondations, elles conditionnent la masse critique que la nova peut atteindre : les technologies doivent y être éprouvées pour supporter la montée en charge du volume de données, d’utilisateurs, ou de tests.

Côté innovation, notre objectif n’est pas l’intégration marginale, mais précisément l’inverse : s’abstraire des contraintes inhérentes à la structure. Cela consistera en la mise à disposition de ressources informatiques indépendantes et reconnues pour réaliser ces applications « incertaines ».

Mais les innovations qui marchent devront tôt ou tard traverser la frontière pour être réintégrées dans des novas à moins de générer rapidement un SI parallèle et faiblement structuré. Le flux d’innovation fertilisera régulièrement le SI rationalisé dès que l’orientation principale de l’application passera de la rapidité et l’incertitude à la sécurité, l’intégration et la maîtrise des coûts.

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