Archives de la catégorie ‘Billet d’humeur’

Le 5 mars 2013, Fleur Pellerin, Ministre chargée de l’Economie Numérique déclarait :

Nous allons créer à Paris ou en proche banlieue un lieu qui sera l’étendard du numérique de la France. Ce pourrait être la Halle Freyssinet, dans le XIIIe arrondissement. C’est l’hypothèse la plus sérieuse parmi les implantations étudiées. Grande de 25 000m² au sol, cette halle pourrait ainsi accueillir « jusqu’à 1 000 start-up » et devenir une vitrine du numérique français … Cet endroit doit être une vitrine internationale, un des grands incubateurs de classe mondiale.

Ma foi pourquoi pas. En même temps il est légitime de s’intéresser aux endroits où un afflux d’innovation serait le plus souhaitable, et s’interroger – selon le fameux adage “eat your own dog food” (“mangez les produits que vous vendez”) – si l’administration Française ne pourrait pas être le principal destinataire de cette mesure … (suite…)

Je dois tout d’abord avouer que ce titre est honteusement inspiré du leitmotiv d’un Super PAC américain, « For a better tomorrow, tomorrow » qui m’a fait beaucoup rire. Or je ris habituellement très peu. Ceci étant rendu à César, démarrons cette chronique de la dépendance généralisée.

En 1950, il fallait plus de 30 agriculteurs pour nourrir 100 personnes, aujourd’hui il en faut moins de 5. En 15 ans, entre 1990 et 2006, le nombre de personnes au chômage a augmenté de 25%, tandis que les effectifs de l’ANPE augmentaient de 130% (source : La gestion et l’évaluation du service public de l’emploi en France dans la décennie 1990. Matériaux pour une réflexion comparative internationale). Malgré cette croissance, il y a aujourd’hui un conseiller pour environ 300 chômeurs, alors que nous pourrions en avoir 1 pour 60, pour le même coût, dans une organisation où 2/3 des effectifs seraient réellement dédiés aux usagers !

Simple exemple isolé de bureaucratie caricaturale ou signal plus profond d’un malaise dans notre secteur tertiaire ? (suite…)

Benoit Poelvoorde nous explique en deux minutes la difference entre le cinema belge et le cinéma français …

Au-delà de la caricature entre les deux pays, il décrit plutôt assez bien la différence entre une grande et une petite organisation. Dans une petite organisation, le comportement par défaut est la coopération, l’entraide, qui nécessite une hiérarchie plate par définition, sinon l’entraide s’arrêtera au statut de chacun : « un premier assistant ne déplace pas une voiture voyons ! ». Outre le « tous égaux » des petites structures, Benoit Poelvoorde remarque aussi que cet artisanat rime avec pauvreté de moyens, développant le sentiment que chaque contribution est décisive pour la survie du groupe.

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Docteur Goulu est mon ami

Publié: 22 juillet 2010 dans Billet d'humeur

Découvert récemment l’excellent blog du mathématicien Docteur Goulu qui fait oeuvre de pédagogie et d’humour pour nous faire découvrir toutes les réponses aux questions qu’on ne manque pas de vous poser et auxquelles vous n’avez jamais la réponse du type « toi qui est ingénieur, dis-moi cela vaut-il plus le coup d’installer des éoliennes 100km plus au nord pour récupérer 10% de vent supplémentaire et en contrepartie subir les pertes dues au transport ? » … (la réponse est oui). Pourquoi un mathématicien Perse, adulé en Ouzbekistan, Abou Jafar Muhammad Ibn Mūsa al-Khuwārizmī est à l’origine de nos algorithmes ou encore comment faire rentrer l’univers dans un seul nombre !

Riche, intelligent, et drôle.

J’ai eu la chance de discuter avec des élus de la région PACA ce week-end, et d’évoquer avec eux l’intérêt que je porte au sujet de l’Open Data. En deux mots, ouvrir les données consiste à rendre disponible à la foule des gisements d’informations jusque là accessibles aux seules administrations : lieux de tournage, tonnes de déchets collectés par quartier, investissements urbains, crimes, … Jetez un oeil sur le site de la ville de San Francisco pour mieux en comprendre les possibilités.

Que faire de tels gisements ? (suite…)

Wikipedia fait un pari inédit. Celui de la confiance. Le système permet à tout utilisateur de contribuer, sans modération ou contrôle a priori. Les fraudes, abus, et maladresses représentent une infime minorité du flux et sont aisément annulés a posteriori par la communauté, grâce au système de version des pages du Wiki. Quelque critique que nous puissions avoir à son encontre, Wikipedia a bel et bien réussi un exploit en créant un actif majeur pour notre civilisation.

Ce pari de la confiance n’est pas celui de l’entreprise pyramidale, départementalisée, où les systèmes d’information sont autant de silos sécurisés et inaccessibles, inhibant toute collaboration entre départements. Ce pari de la maîtrise est certes vertueux pour minimiser les risques sur des données ou des traitements sensibles, mais il devient toxique à s’être généralisé à tout et partout, imposant peu à peu la croyance que tout employé est un fraudeur potentiel …

On parle beaucoup d’entreprise 2.0, de communautés, d’Intranet à la Facebook … Mais le succès de tels réseaux sociaux en entreprise passera donc par une remise en cause profonde de ce système de valeur, qui devra s’accommoder d’une nouvelle vertu, la confiance.

Initialement publié sur la plate-forme du G9+

Découvrez l’histoire d’une banque qui passe ce cap !

Dans un brillant post « la maison cassée« , Lean Machine Square nous rappelle que l’amélioration continue ne fonctionnera qu’en respectant les individus. Respect pour leur travail, respect pour leurs idées, respect du temps « non-productif » nécessaire à leur mise en place …

Lors d’une récente conférence, je me faisais l’écho de l’informatique conviviale en insistant sur le fait qu’exiger l’amélioration continue nécessitait jusqu’à un nouveau contrat social. En effet, s’améliorer, c’est à dire faire des gains de productivité, revient quelque part à « supprimer son job ». En évacuant les gaspillages, le même travail s’effectue maintenant avec moins de ressources. Mais quand les ventes de votre produit stagnent, et que l’entreprise ne cherche pas de nouveaux débouchés pour ses salariés, que va-t-il se passer ? Et bien, comme à Toyota Valenciennes : il y a surproduction, donc on licencie. Bilan : ceux qui se sont améliorés sont ceux qui seront punis !

Aïe.

L’entreprise lean sera donc forcée d’écrire sur ses murs : supprimez votre job, vous êtes promus.

Possible ou impossible selon vous ?

Dans l’Informatique Conviviale, nous évoquons une entreprise qui s’ouvre progressivement à la contribution de ses troupes en les décloisonnant, puis à celle de ses partenaires et clients. Ce concept est emprunté aux stratégies des grandes « plate-formes » ou « Cloud » comme Google, LinkedIn ou SalesForce. Cette stratégie a été brillamment décrite et commentée par le journaliste Jeff Jarvis, auteur du best seller What Would Google Do ?

Alors quel rapport avec le Velib ? (suite…)

On a la culture qu’on peut. C’est en regardant la série Dr House, que le cynique docteur m’a remis en mémoire le cycle d’acceptation du deuil : déni, colère, marchandage, dépression et enfin acceptation.
Quel rapport entre notre manière d’accepter la mort et la gestion du changement ??

Au fil de mes observations, j’ai pu constater que le changement, c’est à dire l’acceptation d’une nouvelle idée, suivait le même processus. Lorsque vous devez changer : je n’écris plus de code sans tests, je ne mens plus, je cherche à comprendre les gens plus qu’à les convaincre, ou tout autre changement par rapport à une attitude antérieure, vous subissez ce difficile processus de deuil de vieux choix.

La vitesse de ce processus dépend des individus et des groupes dans lesquels ils évoluent. Elle peut aller de la seconde à plusieurs années … Faites le test sur vous même en vous remémorant votre dernier deuil ….

Toutes les dynamiques d’amélioration continue (agile, lean, TOC ..) sont contraintes par ce processus. C’est finalement la contrainte des contraintes…

L’acronyme « web 2.0 » semble s’être imposé en désignant une réalité au spectre assez large. Le quidam peut légitimement s’interroger sur le rapport entre des technologies améliorant l’interaction homme machine sur internet et des modèles économiques à base de réseaux participatifs. On lui explique qu’il dispose de nouvelles possibilités dans son navigateur internet qui l’aident à « enrichir » son expérience comme par exemple le rafraîchissement automatique de zones de l’écran, l’aide à la saisie, le glisser-déposer. Problème, il s’agit plus d’une redécouverte que d’une réelle innovation : ces techniques sont apparues avec les interfaces fenêtrées dans les années 80…

Chronique parue dans 01 Informatique du 13 avril 2007
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