Archives de la catégorie ‘Bureaucratie & Débureaucratisation’


C’est sur ces mots célèbres de Pierre-Joseph Proudhon – et repris par Léo Ferré : « l’anarchie, c’est l’ordre sans le pouvoir » – que nous avons eu la chance de présenter notre dernière publication, Pour la croissance, la débureaucratisation par la confiance, lors de l’évènement « 24h, le Progrès, c’est nous ! » organisé par la Fondapol à la mutualité samedi 16 novembre 2013.

J’ai co-rédigé cette note sur mes thèmes favoris : débureaucratisation, ouverture, confiance, simplicité en compagnie de deux fameux compères. Xavier Querat-Hement, aujourd’hui directeur Qualité du groupe La Poste et à l’origine de la profonde mutation des bureaux de poste ces dernières années, et Serge Soudoplatoff, acteur influent de l’économie numérique.

Notre principale fierté est d’avoir résumé le mal d’innovation dont souffraient toutes les grandes structures, publiques ou privées, mais surtout d’avoir décrit une méthode simple, destinée aux dirigeants et aux opérationnels, pour opérer un changement, radical mais sécurisé (oxymore pensez-vous ? et bien lisez !).

Et en images cela donne ceci (longueur : 20 minutes) :

Et si vous n’avez que 10 minutes, la version solo :

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Un superbe film de Michel Gondry de 2008 qui repassait hier sur Arte.

On y retrouve :

  • la mobilisation d’une communauté, par le premier cercle (amis, famille, clients fidèles ..) qui permet d’atteindre un second cercle (amis d’amis, voisins de voisins ..) au service d’une cause qui les touche
  • la participation financière et non-financière, la joie de contribuer concrètement
  • le bricolage, la débrouille, le hacking du système
  • et bien sûr le régulateur, en protecteur caricatural des rentes de situation constituées par les acteurs en place (ici les major), et terrorisés par les nouvelles manières de se passer d’eux …

Enjoy !

 

Le 5 mars 2013, Fleur Pellerin, Ministre chargée de l’Economie Numérique déclarait :

Nous allons créer à Paris ou en proche banlieue un lieu qui sera l’étendard du numérique de la France. Ce pourrait être la Halle Freyssinet, dans le XIIIe arrondissement. C’est l’hypothèse la plus sérieuse parmi les implantations étudiées. Grande de 25 000m² au sol, cette halle pourrait ainsi accueillir « jusqu’à 1 000 start-up » et devenir une vitrine du numérique français … Cet endroit doit être une vitrine internationale, un des grands incubateurs de classe mondiale.

Ma foi pourquoi pas. En même temps il est légitime de s’intéresser aux endroits où un afflux d’innovation serait le plus souhaitable, et s’interroger – selon le fameux adage “eat your own dog food” (“mangez les produits que vous vendez”) – si l’administration Française ne pourrait pas être le principal destinataire de cette mesure … (suite…)

Je dois tout d’abord avouer que ce titre est honteusement inspiré du leitmotiv d’un Super PAC américain, « For a better tomorrow, tomorrow » qui m’a fait beaucoup rire. Or je ris habituellement très peu. Ceci étant rendu à César, démarrons cette chronique de la dépendance généralisée.

En 1950, il fallait plus de 30 agriculteurs pour nourrir 100 personnes, aujourd’hui il en faut moins de 5. En 15 ans, entre 1990 et 2006, le nombre de personnes au chômage a augmenté de 25%, tandis que les effectifs de l’ANPE augmentaient de 130% (source : La gestion et l’évaluation du service public de l’emploi en France dans la décennie 1990. Matériaux pour une réflexion comparative internationale). Malgré cette croissance, il y a aujourd’hui un conseiller pour environ 300 chômeurs, alors que nous pourrions en avoir 1 pour 60, pour le même coût, dans une organisation où 2/3 des effectifs seraient réellement dédiés aux usagers !

Simple exemple isolé de bureaucratie caricaturale ou signal plus profond d’un malaise dans notre secteur tertiaire ? (suite…)


Petit échauffement avant de découvrir ce que cache ce titre abusivement racoleur : écoutons l’astronaute Neil Armstrong venu en 2010 nous parler de management dans le contexte du projet pharaonique de conquête de l’espace. Invoquant Saint-Exupéry :

Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose… Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer.« ,

Il nous montre que cette entreprise a plutôt été gérée dans une recherche d’autonomie et de responsabilisation des équipes que dans le classique diviser/commander/contrôler cher à nos organisations publiques ou privées dès qu’elles dépassent les 100 personnes.
(suite…)

Benoit Poelvoorde nous explique en deux minutes la difference entre le cinema belge et le cinéma français …

Au-delà de la caricature entre les deux pays, il décrit plutôt assez bien la différence entre une grande et une petite organisation. Dans une petite organisation, le comportement par défaut est la coopération, l’entraide, qui nécessite une hiérarchie plate par définition, sinon l’entraide s’arrêtera au statut de chacun : « un premier assistant ne déplace pas une voiture voyons ! ». Outre le « tous égaux » des petites structures, Benoit Poelvoorde remarque aussi que cet artisanat rime avec pauvreté de moyens, développant le sentiment que chaque contribution est décisive pour la survie du groupe.

(suite…)